Comment formuler ses besoins professionnels quand on est en situation de handicap

Bannière Karta montrant deux femmes souriantes échangeant autour d'une tasse sur un canapé, à côté d'un guidon de trottinette/matériel adapté.

Il y a une question que beaucoup de personnes concernées par le handicap ou la maladie se posent :

« Comment expliquer ce dont j’ai besoin au travail, sans que la conversation devienne une négociation sur mon état de santé ? »

C'est là que tout se complique. Pas parce que les besoins sont impossible à satisfaire. Mais parce qu'on ne sait souvent pas comment les formuler — de façon claire, légitime, sans se justifier à l'excès ni minimiser ce qu'on vit vraiment.


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Pourquoi c'est si difficile ?

Quand on vit avec un problème de santé ou un handicap, il existe une tension constante entre deux écueils :

  • Tout dire — et risquer d'être réduit·e à son diagnostic, perçu·e comme un problème à gérer

  • Ne rien dire — et continuer à compenser seul·e, en silence, jusqu'à l'épuisement

Entre les deux, il y a un espace que beaucoup n'ont jamais appris à occuper : celui de la formulation.

Formuler ses besoins, c'est nommer ce dont on a besoin pour travailler correctement — comme le ferait n'importe qui.


Ce que « formuler ses besoins » veut vraiment dire

Un besoin professionnel, c'est une condition qui permet d'exercer son travail dans de bonnes conditions.

Quelques exemples concrets :

  • Un bureau éloigné des zones de bruit (fatigue cognitive, hyperacousie)

  • Des horaires adaptables certains jours (traitements, rendez-vous médicaux)

  • Les consignes à l'écrit plutôt qu'à l'oral (troubles dys, attention)

  • Des pauses courtes et régulières (douleurs chroniques, fatigabilité)

  • Du télétravail partiel (mobilité réduite, gestion de l'énergie)

Ces besoins n'ont pas besoin d'être justifiés par un diagnostic. Ils ont besoin d'être formulés en lien avec le travail — pas avec la maladie.


Les 3 étapes clés

Schéma en trois étapes de la démarche Karta : Clarifier ses besoins réels (entonnoir), Explorer les solutions et aménagements possibles (arborescence) et S'orienter vers les bons interlocuteurs (boussole).

1️⃣ Clarifier ce dont on a vraiment besoin

Avant de parler à qui que ce soit, il faut pouvoir nommer les choses pour soi-même.

Trois questions utiles :

  • Qu'est-ce qui rend mon travail difficile en ce moment ?

  • Qu'est-ce qui m'aiderait concrètement ?

  • Quelle différence un ajustement ferait-il dans mon quotidien ?

Beaucoup de personnes concernées ont intérioré l'idée qu'elles doivent gérer. Cette étape, c'est se donner la permission de ne plus le faire seul·e.

2️⃣ Explorer le besoin de la solution

Un besoin : j'ai besoin de gérer mon niveau d'énergie dans la journée.
Une solution : je voudrais deux pauses de 15 minutes à 10h et 15h.

Formuler le besoin d'abord ouvre une conversation. Arriver directement avec une solution peut sembler rigide — et fermer le dialogue.

3️⃣ S'orienter vers le bon interlocuteur

Tous ne sont pas égaux face à ces demandes :

  • Médecin du travail => pour poser des préconisations d'aménagement en toute confidentialité

  • RH => pour formaliser et coordonner avec l'Agefiph

  • Manager => pour ajuster l'organisation au quotidien


Ce qu'on n'est pas obligé·e de faire

  • Partager son diagnostic. La loi ne l'impose pas.

  • Avoir une RQTH. Elle ouvre des droits supplémentaires, mais n'est pas une condition pour demander des aménagements.

  • Tout justifier. Un besoin formulé clairement, en lien avec le travail, est une demande légitime.


Un outil pour aller plus loin

J'ai conçu « Formuler ses besoins professionnels », un espace Notion gratuit pour accompagner cette démarche pas à pas. Il suffit de cliquer sur le lien ci-dessous et de dupliquer l’espace pour l’utiliser.

En résumé ?

Formuler ses besoins professionnels, ça s'apprend. Ce n'est pas inné, et ce n'est pas réservé à ceux qui ont de l'assurance. C'est une compétence — et comme toute compétence, elle se construit.

Le point de départ, c'est souvent de se donner la permission de nommer ce dont on a besoin. Pas pour l'autre. Pour soi.


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